Nos récits

À l’ombre de Khéops, Le Caire

En descendant les marches de l’avion, mon coeur battait à 180 battements par minute, la chaleur écrasante collait nos vêtements, un beau 41 degrés! Aussitôt sortie, ma zone de confort descendait en flèche plus j’avançais. Les regards fusaient en ma direction…je faisais probablement partie des 3 % de femmes non voilées de l’aéroport. Pour la première fois de ma vie, je n’avais aucun point de repère. Et là, Mohammed Ali, notre guide de l’hôtel nous accueillit avec un sourire prometteur. Le trajet vers notre hôtel fut le plus déroutant de toute ma vie. Imaginez une autoroute à six voies avec aucune ligne blanche, où signalisation et ceinture de sécurité sont presque inexistantes, où le clignotant est totalement inconnu des Égyptiens et où tout le monde veut passer au même endroit en même temps!Les hidjabs, burkas, tchadors noirs et multicolores bougent au rythme des harassants klaxons, tout en essayant de se faufiler entre les voitures bossées et les rares femmes traversant sans regarder tout en portant leur enfant dans leur bras. Les vendeurs de thé bloquent la circulation afin d’offrir leur liquide noir et un crescendo de PIN PIN, PON PON éclate de tout bord tandis que les pare-chocs se frottent. Plus on s’enfonce , plus le smog est lourd, plus le décor stupéfait….des immeubles en décrépitudes aux luxueux bâtiments, d’un Nil inépuisable parmi les déchets, de rues partageant des chevaux amaigris, de chats affamés, d’imposants dromadaires multicolores avec leur démarche particulière, de kiosques à roulettes sentant le Shish kebab et d’hommes fumant leur shicha…mais vous savez…Vous savez…..lorsqu’on traverse ainsi la ville et que par-dessus tout se dévoilent des formes au-delà de ce qu’on peut s’imaginer…on se dit qu’après tout…les pyramides n’ont rien à voir avec tout le reste…Lorsqu’on est seul comme touriste et que les pyramides vous appartiennent, le moment est doublement unique…Le rêve de jeunesse atteint alors l’un de ses points d’arrivée…Et à l’ombre de Khéops, le Rêve vous murmure alors à l’oreille :

- Stop, tu y es….

Mais impossible….la conscience n’y parvient pas….

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