Nos récits

Amahoro en symbiose

Durant près de quatre heures le temps s’est arrêté sur le flanc du mont Bisoke. Le sablier a décidé de retenir un peu plus le sable filant question de savourer, réaliser, d’absorber les images, les odeurs, les sensations inimaginables que peut procurer la rencontre avec les Gorilles de Montagnes. Toute ma vie, j’ai espéré ce moment…à cette proximité avec ce primate au regard humain et à la prestance imperturbable du Silver Back.

En ce matin d’octobre, mon rêve…Notre rêve prit enfin vie. Nous partîmes un petit groupe de quatre marcheurs accompagné par des gardes armés de Kalachnikov, de machettes et de deux guides du Parc National des volcans à la recontre de la famille Amahoro, un groupe de 19 gorilles…Le mont Bisoke nous appartenait pour quelques heures….la recherche des Gorilles pouvait alors commencer. Bâton à la main, nous avançâmes dans la forêt équatoriale….altitude haletante, roches glissantes, eucalyptus odorants, boue qui nous enfonçâmes toujours un peu plus à chaque pas, lianes paralysantes, racines accrochantes, bambous cassants, plantes piquantes, fourmis rouges grimpantes mordant morceau de peau…..la jungle,…la vrai, l’humide, la mousseuse, la verdoyante, l’authentique, la révérende des espaces verts, la fourmillante d’espèces sauvages, gorgée d’eau de pluie…elle pousse, protège, camoufle. Machette à la main, Fidèle, notre guide ouvrit le chemin plus on s’aventurait dans les profondeurs de ce vert rwandais. Après deux heures d’ascension, nous allâmes à la rencontre de nos pisteurs….et voilà…ils sont tout près…plus que 100 m à faire….allons-y..Nous ouvrîmes la marche…notre coeur voulait sortir de notre poitrine…le spectacle commencait…..à  gauche…un silver back nous faisait dos, mais nous pouvions l’entendre respirer. Puis, nous avançâmes à pas de tortues, sans bruit…sans mot, impressionné par le spectacle devant nous…Foutich….Foutich…la forêt était de plus en plus dense….six coups de machette plus tard…une maman et son mignon petit bébé d’un mois, là,assise à 3 mètres de nous, elle nous observa un bref instant et continua de manger les pousses de bambou. Et là, une autre cherchant un je-ne-sais-quoi…..peut-être elle pense à nous….et là….un silver back, plus gros, dominant son monticule de feuilles empilées, dégustant minutieusement son chardon…et il s’arrêta….tourna sa tête…et nos regards se croisa…nous nous analysions…le temps…..le temps de prendre le temps….de prendre conscience…de cette proximité, de cette ressemblance quasi humaine….de notre chance…de cet instant ou nous savourions chaque geste de ce colossal primate de notre enfance. Nous continuâmes à admirer les jeunes blancs becs à la fourrure hirsute cherchant à se chamailler dans l’arbre…du doyen impassible se rappelant Dian Fossey….la mère, la protectrice, la défenderesse de tous les gorilles…la battante qui,au péril de sa vie tenta des épargner des pièges des braconniers….cette femme qui prit un jour sous son aile…il y a 37 ans, ce même silver back qui aujourd’hui croise notre chemin….qui, un jour ira reposer comme Digit et tous les autres auprès de leur seconde mère…Dian Fossey

Laisser un message

Les champs marqués d'un * sont obligatoires